On tombe sur un carton de vieilles radiographies en vidant un placard, et le réflexe classique, c’est de les glisser dans le bac jaune avec les emballages. Le problème, c’est que les anciennes radiographies n’ont rien à faire dans la poubelle jaune, ni dans aucune poubelle domestique d’ailleurs. Leur composition les classe parmi les déchets spéciaux, et les envoyer dans la mauvaise filière complique le recyclage de tout le reste du bac.
Boîte jaune DASRI et bac jaune de tri : la confusion qui piège tout le monde
Quand on parle de « poubelle jaune » pour des déchets médicaux, deux objets se télescopent dans la tête des gens. Le bac jaune de tri sélectif, celui du domicile, est destiné aux emballages, aux papiers et aux cartons. La boîte jaune DASRI, elle, est distribuée en pharmacie pour les patients en autotraitement : elle ne collecte que les déchets de soins piquants ou coupants (seringues, aiguilles, lancettes).
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Les radiographies ne rentrent dans aucune de ces deux catégories. Ni emballage recyclable, ni déchet de soin piquant, le film radiographique est un objet à part qui nécessite un circuit dédié.
Cette double confusion explique pourquoi on retrouve régulièrement des clichés radio mélangés aux bouteilles en plastique, ou glissés dans une boîte DASRI en pharmacie. Dans les deux cas, le déchet est rejeté ou contamine le flux de tri.
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Composition des radiographies argentiques : ce qui les rend incompatibles avec le tri classique
La majorité des anciennes radiographies que l’on stocke chez soi sont de type argentique. Elles se composent d’un support en film plastique PET recouvert d’une émulsion contenant des sels d’argent. Ce métal, même en quantité limitée par cliché, pose un double problème dans le circuit du recyclage classique.
Placé dans le bac jaune, un film radiographique ne sera pas reconnu par les machines de tri optique en centre de tri. Il sera éjecté vers les refus, puis enfoui ou incinéré. L’argent qu’il contient est alors perdu, et le film plastique, dont la composition diffère des plastiques d’emballage, perturbe la chaîne de valorisation s’il passe entre les mailles du tri.
À l’inverse, dans une filière de traitement adaptée, le procédé repose sur l’électrolyse : on sépare le métal d’argent du support PET. Le film plastique est ensuite recyclé de son côté. Les deux matières trouvent une seconde vie, à condition d’avoir emprunté le bon canal dès le départ.
Déchèterie, pharmacie ou hôpital : où déposer ses anciennes radiographies
Sur le terrain, les retours varient selon les communes et les points de collecte. Il n’existe pas de filière nationale unique et harmonisée pour les radiographies des particuliers. On doit donc vérifier avant de se déplacer.
- Déchèterie communale ou intercommunale : c’est le point de dépôt le plus fiable. Plusieurs communautés d’agglomération référencent désormais les radiographies comme flux distinct accepté, souvent au niveau des conteneurs pour déchets diffus spécifiques (DDS) ou produits chimiques.
- Pharmacie : certaines officines acceptent de reprendre les anciens clichés, mais uniquement si elles sont partenaires d’un réseau de récupération ou d’une association. On appelle avant pour éviter un aller-retour inutile.
- Cabinets de radiologie et hôpitaux : des services d’imagerie médicale intègrent parfois les radiographies récupérées auprès de patients à leur propre filière de traitement. Là encore, tous ne le proposent pas.
- Associations et organismes solidaires : des structures comme l’Ordre de Malte ou la Pharmacie Humanitaire Internationale collectent les radios argentiques (y compris celles d’animaux) pour financer des projets solidaires grâce à la valorisation de l’argent récupéré.
Le réflexe le plus sûr reste la déchèterie. On dépose les radiographies séparément, sans les mélanger à d’autres déchets médicaux ou à du tout-venant.
Radiographies numériques et argentiques : un tri qui commence chez soi
Avant de charger un sac de vieilles radios dans le coffre, on peut gagner du temps en identifiant ce qu’on a entre les mains. Les radiographies argentiques, les plus anciennes, se reconnaissent à leur support souple, légèrement bleuté ou grisé, avec une image visible à l’œil nu quand on les place devant une source de lumière.
Les clichés numériques imprimés sur papier ou sur film sec n’ont pas la même composition. Ils ne contiennent généralement pas de sels d’argent et se rapprochent davantage d’un support plastique classique. Seules les radiographies argentiques contiennent de l’argent valorisable, ce qui leur donne une valeur dans la filière de recyclage spécialisée.
En pratique, les déchèteries et associations acceptent les deux types, mais c’est la radio argentique qui justifie le circuit dédié. Si on ne sait pas distinguer les deux, mieux vaut tout apporter au même point de collecte plutôt que de risquer un mauvais tri.

Durée de conservation légale avant de jeter ses radiographies
On n’est pas obligé de garder ses radios indéfiniment, mais on ne devrait pas non plus les jeter à la première occasion. Les professionnels de santé recommandent de conserver les radiographies tant qu’elles ont une utilité médicale, notamment pour suivre l’évolution d’une pathologie ou servir de référence lors d’un nouvel examen.
En l’absence de suivi actif, un délai de conservation raisonnable est à évaluer avec son médecin. Les clichés liés à des pathologies lourdes ou à des actes chirurgicaux méritent d’être gardés plus longtemps que ceux d’un contrôle dentaire de routine.
Une fois la décision prise de s’en séparer, la destination reste la déchèterie ou un point de collecte adapté, jamais le bac jaune ni la poubelle d’ordures ménagères. Le geste prend quelques minutes, et il évite qu’un déchet spécial finisse dans une filière qui n’a pas les moyens de le traiter.

