Dysorthographie : comprendre et gérer ce trouble orthographique

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La dysorthographie est un trouble spécifique de l’apprentissage qui touche la maîtrise de l’orthographe. Souvent méconnue, elle peut impacter significativement la vie scolaire et professionnelle des individus qui en souffrent. Pourtant, derrière chaque faute d’orthographe, il n’y a pas toujours un manque de volonté ou d’attention, mais parfois une réelle difficulté à intégrer et à appliquer les règles orthographiques. Il est primordial de reconnaître les signes de la dysorthographie et de mettre en place des stratégies pédagogiques adaptées pour accompagner efficacement les personnes atteintes et les aider à surmonter les obstacles liés à ce trouble.

Dysorthographie : définition et distinction des autres troubles d’apprentissage

La dysorthographie, souvent méconnue du grand public, désigne un trouble spécifique de l’apprentissage qui affecte le lexique orthographique. Ce dysfonctionnement n’entrave pas seulement la capacité à écrire sans fautes, mais perturbe aussi la structuration et l’automatisation des règles orthographiques chez l’individu. Contrairement à une simple difficulté passagère, la dysorthographie est persistante et peut résulter, dans certains cas, d’une dyslexie, laquelle se caractérise par un trouble spécifique de l’acquisition du langage écrit.

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L’ensemble des troubles Dys inclut la dysorthographie ainsi que la dyslexie, et d’autres troubles qui peuvent affecter l’apprentissage. Vous devez distinguer ces troubles pour une prise en charge adéquate. Alors que la dyslexie forme avec la dysorthographie un ensemble lié à des difficultés dans le langage écrit, la dysorthographie se focalise plus spécifiquement sur les erreurs liées à la mise en application des règles orthographiques et grammaticales.

Pour comprendre les enjeux liés à ces troubles, considérez que la dysorthographie ne se limite pas à un ensemble de difficultés; elle découle de troubles cognitifs spécifiques qui entravent la concrétisation de la pensée en mots correctement orthographiés. Les erreurs commises ne sont pas aléatoires mais souvent systématiques, révélant des lacunes dans la conscience phonologique, c’est-à-dire la capacité à manipuler les sons pour former des mots.

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Vous ne devez pas réduire la dysorthographie à une simple question de volonté ou d’intelligence. Les enfants et adultes qui en souffrent nécessitent une approche pédagogique adaptée et une rééducation orthophonique pour surmonter les obstacles liés à ce trouble. Les professionnels de la santé et de l’éducation doivent donc être formés pour repérer ces signes et offrir un accompagnement sur-mesure, fondé sur une compréhension approfondie de la dysorthographie et de ses implications sur le parcours scolaire et professionnel.

Les causes et les mécanismes de la dysorthographie

Les origines de la dysorthographie restent largement débattues au sein de la communauté scientifique. Selon les experts, ce trouble ne découlerait pas d’un unique facteur, mais plutôt d’une combinaison de dispositions génétiques et de particularités dans le développement neurologique de l’individu. Ces éléments, en interférant avec l’acquisition des compétences en lecture et écriture, peuvent engendrer des difficultés significatives dans la maîtrise du lexique orthographique.

Le mécanisme central de la dysorthographie semble résider dans une fragilité de la conscience phonologique. Cette compétence clé, qui permet de reconnaître et de manipuler les sons du langage pour les transcrire en lettres et mots, s’avère souvent altérée chez les personnes dysorthographiques. De ce fait, la correspondance entre phonèmes et graphèmes, pierre angulaire de l’orthographe, se trouve compromise, entraînant une tendance à commettre des erreurs systématiques et répétitives.

La dysorthographie peut aussi être liée à des troubles cognitifs spécifiques, tels que des difficultés de mémorisation des mots et des règles orthographiques, ainsi qu’une mauvaise gestion de l’espace graphique. Ces troubles, en perturbant la capacité à organiser et à structurer l’écrit, compliquent l’acte d’écrire et impactent la qualité de la production textuelle. Il est donc capital de saisir la complexité de ces mécanismes pour orienter efficacement la prise en charge des individus affectés.

Repérer et diagnostiquer la dysorthographie

Identifier la dysorthographie chez un individu exige un examen approfondi, généralement sous la forme d’un bilan orthophonique. Ce bilan, essentiel pour poser un diagnostic précis, se concentre sur l’évaluation des compétences orthographiques de l’enfant et détermine le degré d’impact du trouble sur sa scolarité. Il est à noter que ce bilan est pris en charge par l’Assurance maladie, ce qui souligne la reconnaissance de la dysorthographie comme un trouble d’apprentissage légitime nécessitant une intervention spécialisée.

La scolarité, souvent impactée par la dysorthographie, requiert une attention particulière pour accompagner au mieux les élèves affectés. Des dispositifs tels que le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) et le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) peuvent être mis en place pour répondre aux besoins spécifiques de ces élèves. Ces programmes visent à adapter le parcours scolaire en fonction des difficultés rencontrées et permettent une meilleure intégration éducative.

Le diagnostic précoce de la dysorthographie est fondamental pour minimiser ses répercussions académiques et personnelles. Une fois reconnue, la mise en œuvre d’un suivi orthophonique adapté et le soutien par des structures scolaires appropriées offrent à l’enfant dysorthographique les moyens de surmonter ses difficultés. Prenez conscience de l’importance d’une détection rapide et d’une approche multidisciplinaire pour optimiser les chances de réussite de ces élèves.

Stratégies et prises en charge de la dysorthographie

La rééducation orthophonique s’impose comme la pierre angulaire de la prise en charge de la dysorthographie. Elle se fonde sur des exercices ciblés visant à renforcer la conscience phonologique et à corriger les erreurs systématiques dans l’écriture des mots. La Méthode Davis, par exemple, est une approche rééducative qui s’appuie sur la visualisation et la maîtrise des symboles pour améliorer la capacité de l’individu à reconnaître et à utiliser correctement le lexique orthographique.

Au-delà de l’orthophonie, divers outils et stratégies peuvent être adoptés pour accompagner les personnes avec dysorthographie dans leur quotidien scolaire et professionnel. Parmi ces stratégies, l’utilisation de logiciels de correction orthographique, l’entraînement à la saisie au clavier et la mise en place de supports visuels pour structurer l’information jouent un rôle non négligeable. Ces aides techniques constituent des ressources complémentaires précieuses, facilitant l’acquisition d’une meilleure maîtrise de l’écrit.

La Fédération Française des Dys (FFDys), représentée par Laetitia Branciard, s’implique activement dans la sensibilisation aux troubles spécifiques d’apprentissage, tels que la dysorthographie. Elle oeuvre pour la diffusion de connaissances et la mise en réseau des professionnels, des familles et des personnes concernées par ces troubles. L’action de la FFDys est essentielle pour favoriser l’échange de bonnes pratiques et pour soutenir l’élaboration de stratégies d’accompagnement efficaces et personnalisées.

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